« Trait pour trail » par Just Runners

Lison MARTINEZ, rédactrice de la page Facebook "Just Runners" nous propose de découvrir les coulisses des Championnats de France à travers une série de portraits d'athlètes et de bénévoles qui seront présents les 16 et 17 septembre prochains.
Retrouvez toute l'actualité de Just Runners sur fb.com/Just-Runners-260807184318293.

Sandra MARTIN

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« Blanchette », reine du Montcalm

Rencontre avec Sandra Martin, championne de France de trail long 2016 et championne du monde par équipe 2017.
Interviewer Sandra Martin, c’est accepter d’être plongé en un clin d’œil dans son univers où tout file grand train avec une touche de légèreté et un accent du midi qui semble rendre tout facile. La traileuse de 45 ans, championne de France de trail long en titre, vient à peine de remporter le marathon du Montcalm dans les Pyrénées ce week-end, qu’elle est déjà en train de parler avec humour de son gadin pendant la course sur facebook et trouve même le temps de répondre à une de mes ultimes questions pour me permettre de compléter mon papier.

Sandra Martin a de l’énergie à revendre et une grande générosité lorsqu’elle vous ouvre une petite porte sur sa vie : ses entraînements à vélo, ses multiples fractures de fatigue, son stage en Auvergne avec l’équipe de France de trail, son petit côté superstitieux qui lui vaut de porter à chaque course un très encombrant collier doré… En une heure de temps, on en aura survolé des sujets en s’autorisant de nombreuses digressions y compris sur sa vie de maman de deux enfants de 14 et 18 ans. Bref, il faut suivre, mais c’est absolument délicieux !

Tiens, connaissez-vous l’anecdote sur « le collier à boules » porte-bonheur qu’elle porte à chaque compétition ? « La première fois que je suis allée sur une course, je suis arrivée en portant encore mes apparats de soirée… dont le fameux collier ! C’était à la Ronde des Fontaines, un 12 km… J'ai fini sur le podium. Depuis, je n’ose plus m’en séparer. Je crois bien qu’il me soulage mentalement ! ».

ATYPIQUE

Athlète atypique, Sandra Martin, l’est jusqu’au bout des ongles, privilégiant l’instant présent à chaque entraînement, chaque course. Sincère, elle ne tire pas de plan sur la comète. Sa victoire aux championnats de France de trail en 2016 à Saint-Martin Vésubie au cœur du parc du Mercantour ? « Je savais que j’étais en bonne forme, mais je crois que ma première place est plutôt liée à une suite de concours de circonstances… » explique-t-elle très sérieusement ! Et là voilà en train de vous raconter qu’elle s’est perdue pendant la course avec Maud Gobert… La peur de croiser un loup sur les sentiers aidant, elle a redoublé d’efforts jusqu’à ce qu’elle croise un corbeau qui semblait lui indiquer le chemin. « J’écoute souvent « l’aigle noir » quand je cours. J’ai pris cela pour un signe ! ».

Alors pourquoi cours-tu Sandra Martin ? « Je cours pour moi. Je n’ai pas la prétention de défendre aucun titre même si j’ai été très fière de porter les couleurs de l’équipe de France aux championnats du Monde en 2013 et 2017. Par rapport à ma manière de pratiquer la course à pied, je ne me situe pas dans l’élite, c’est clair ! ». En revanche, celle que l’organisateur du trail du Ventoux a gentiment surnommé « Blanchette » sans doute en référence à sa capacité à se faufiler dans la montagne comme une petite chèvre (ou à cause de sa peur du loup ?), aime la course à pied autant que le vélo parce que ces deux disciplines lui permettent « d’être dans sa bulle » : « parfois, je me plains de devoir sans cesse m’entraîner et être seule, mais finalement, c’est là que je me régale le plus… C’est un état particulier et un plaisir très égoïste ! ».

AUX CHAMPIONNATS DE FRANCE DE GERARDMER

Fidèle aux courses de la moitié sud de la France, Sandra Martin, qui vit et travaille à Beaumes-de-Venise, s’alignera sur la « Skyrhune » au Pays Basque le 30 septembre prochain (21 km et 1 700 m D+), mais d’ici là, on croisera sa silhouette et sa bonne humeur aux championnats de France de trail à Gérardmer. Sandra, c’est sûr que de bien belles aventures t’attendent ici !

Palmarès : - Championne du Monde de trail par équipe 2017 - Championne de France de trail long 2016

Crédits photo : Géry Wagret

Mathieu MARTINEZ

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Un trail long « pour le plaisir » avec Mathieu Martinez

Licencié de la section gérômoise de l’Athlétique Vosges Entente club, Mathieu Martinez endossera le dossard du coureur élite local à l’occasion des championnats de France de Trail de la Vallée des Lacs de Gérardmer. Mais c’est avant tout un athlète qui a de l’appétit : il vient de remporter le challenge Salomon « Over the mountain » grâce à une belle régularité sur des courses de montagne d’envergure comme la Maxi Race (7ème place) et l’Ubaye Trail Salomon (3ème).

COMBINE NORDIQUE

Ancien membre de l’équipe de France de combiné nordique, Mathieu Martinez a opté pour le trail voilà six ans… Même s’il monte souvent sur le podium et est coaché par Christophe Malardé, l’entraîneur du team Salomon, il dit courir juste « pour le plaisir » : « je participe à un grand trail presque tous les mois… Parmi mes courses cibles cette année, il y a les championnats de France ». Classé 12ème l’an passé, il sait que la confrontation sera rude sur le trail long entre Sylvain Court, Nicolas Martin, Fabien Antolinos, Romain Maillard ou encore Sébastien Spehler. « Il y a une poignée de coureurs au-dessus du lot et ça va partir très vite. Mais courir à domicile et dormir dans son lit la veille, c’est un plus ! J’ai repéré le parcours plusieurs fois avec Julien Sapy ». Le tracé selon lui ? « Quelque chose d’assez roulant sur la première partie. Ensuite, cela devient plus technique à partir de Mittlach. Il faudra garder des forces et rester bien concentré pour aborder les pierriers ».

Originaire de Gérardmer, Mathieu Martinez est moniteur de ski à la Bresse l’hiver et gérant d’une petite entreprise de paintball à Xonrupt-Longemer pendant la saison estivale. « J’aime les Vosges, car on peut pratiquer de nombreux sports différents. Nous avons l’un des plus beaux domaines de ski de fond de France et j’apprécie pour ma part la proximité du Lac de Gérardmer ». Dernier bloc d’entraînement cette semaine pour le Vosgien, qui courra certes pour le plaisir, mais aussi « engagé du début à la fin ».

Palmarès : - Vainqueur du challenge Salomon Over the Mountain 2017

Crédits photo : Robert Goin

Nicolas MARTIN

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- La régularité de Nicolas Martin paiera-t-elle ? -

Ce n’est pas un coureur très médiatisé. Et pourtant, son palmarès en impose : vice-champion de France de trail long en 2016, Nicolas Martin a également été vice-champion du monde de la discipline la même année.

Particulièrement régulier au fil des saisons, le coureur savoyard reconnaît pourtant qu’il n’a pas encore connu « de grande victoire qui fait basculer la notoriété » même s’il a été sélectionné à tous les championnats du monde de trail depuis 2013. De toute façon, « la popularité n’est pas ce qui me motive le plus dans dans ma pratique. Parler de trail tous les jours… C’est quand même très égocentrique ! »

VIVRE DE SA PASSION

Pourtant, Nicolas Martin, 31 ans, fait partie de la poignée de coureurs qui ont tout plaqué pour vivre leur passion pour le trail. Titulaire d’une licence professionnelle dans le domaine du commerce des produits de la filière forestière, il n’a jamais exercé dans son domaine de prédilection optant plutôt pour des jobs alimentaires pour avoir la liberté de s’entraîner. Membre du team Hoka international, il a quitté son dernier emploi fixe voilà deux ans pour explorer ses limites et « ne pas passer à côté de ça… Même si parfois on s’impose des séances très difficiles ». Vingt à vingt-cinq heures d’entraînement croisé par semaine dans le Beaufortain où il vit. « Progresser en trail nécessite un vrai travail. Pour ma part, j’ai en plus la chance d’être rarement blessé.

Ensuite, le jour J, il faut être capable de courir avec intelligence et s’adapter au scénario de la course ». Pas si simple… Nicolas Martin en a fait l’expérience aux derniers championnats du monde en Italie : « j’ai eu des crampes un peu inexpliquées au 35ème km. J’ai fini 19ème ». Une aventure probablement formatrice humainement, dont le champion parle avec beaucoup d’humilité et une belle plume sur son blog.

UNE QUALIF’ POUR LES CHAMPIONNATS DU MONDE

Aujourd’hui, la déception a cédé la place à nouveau au travail et à la stratégie : « j’ai fait une bonne coupure en juillet et adapté ma fin de saison ». Car à Gérardmer, Nicolas Martin viendra chercher sa sélection pour les prochains championnats du monde sur un parcours qu’il devine corsé. Le week-end dernier, l’athlète a remporté coup sur coup deux courses en Savoie, la montée des Pavés (12 km et 1 150 m D+) et le trophée du Montcharvet (13 km et 1 000 m D+). Hmmm… La régularité semble de retour. Cap sur les dernières semaines de réglage.

Palmarès : - Vice-champion du monde de trail long 2016 - Vice-champion de France de trail long 2016

Crédits photo : Damien Rosso

Jean-Brice et Brice

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Le serre-file sur un trail, « c’est un peu la personne sur laquelle on ne veut pas tomber ! » sourit Jean-Brice Baudot.
C’est pourquoi, pour détendre un peu l’atmosphère, il envisage même de se déguiser… Avec ses deux compères, Brice Bucciarelli et Remi Lacroix, c’est reparti pour un tour : après le trail de la vallée des lacs en juin dernier, il jouera à nouveau l’« homme balai » à Gérardmer à l’occasion des Championnats de France de Trail 2017 programmés le week-end des 16 et 17 septembre.

Sur le 30 km cette fois-ci. « Avec Remi, nous courrons le samedi le 60 km chacun à notre niveau » commente à son tour Brice. Le lendemain, les trois gaillards se retrouveront « pour un effort qui n’est pas du tout le même. On est là pour encadrer la fin de course sur un rythme cool » poursuit-il. Et sans doute papoter et encourager les traileurs qui fermeront le convoi. « J’apprécie le bénévolat dans le cadre associatif pour la convivialité et le partage. Si tu veux avoir de beaux échanges dans la vie, c’est bien de donner un peu, non ?! » souligne Jean-Brice, qui anime par ailleurs deux groupes facebook : « Trail Running Lorraine » et « Courir à Falck » sa commune de résidence en Moselle.

PETITS PATES LORRAINS ET MUNSTER AU CUMIN

Peut-être croiserez-vous le trio sur les crêtes ? Vous le reconnaîtrez sans peine. Car au-delà de leur positionnement en fin de peloton, Jean-Brice, Brice et Remi seront sans doute les seuls coureurs à se ravitailler avec des pâtés lorrains et des sandwichs au munster au cumin plutôt que des gels et des barres de céréales. « On est des traileurs, mais aussi des épicuriens ! » rigole Brice, qui compte bien improviser à nouveau une petite pause casse-croûte pour profiter d’une belle vue panoramique sur les Vosges. « En fait, je crois bien qu’on a parlé de bouffe pendant 12 heures lors du 55 km du trail de la vallée des lacs… On a aussi bien rigolé… ».

Et vécu quelques moments sympas : « Par hasard, j’ai retrouvé une copine de mon ancien club messin, Angélique après le lac de Longemer » raconte Brice. « « Je t’ai dit que je ne voulais pas que tu me rattrapes ! » m’a-t-elle lancé pour m’accueillir ». Le trio l’a ensuite encouragée jusqu’à l’arche d’arrivée.

SUR LE TRAIL DE LA MOSELOTTE

Jean-Brice, le Mosellan, et Brice, le Luxembourgeois, ont fait connaissance il y a trois ans sur le trail de la Moselotte. Puis ensuite est venue la rencontre à Gérardmer avec Remi, le pur produit vosgien, licencié à la section de Remiremont de l’Athlétic Vosges Entente Clubs, et également responsable de la communication du trail de la vallée des lacs à titre bénévole. De course en course, ces trois-là ont tissé une vraie amitié. Le trail, c’est certes la liberté, le dépassement de soi… Personnellement, j’aime bien l’idée qu’il puisse aussi être le temps du compagnonnage.

Les aventures sportives de ces coureurs révèlent par ailleurs des personnalités attachantes, loin de l’image de roc imperturbable qui peut être attachée à celle de serre-file. Brice parle volontiers de son dernier marathon à Reykjavik : « Une surprise que je voulais faire à mon épouse. Mais lorsque je l’ai vu mettre des robes dans sa valise, j’ai bien du lui avouer que l’on partait en Islande ! Cela dit on a eu un grand soleil sur la baie… et de la neige au loin sur les sommets. Magique ! ».

Jean-Brice et Remi ont eux aussi plus d’une histoire dans leur sac de trail… N’hésitez pas à aller à leur rencontre au départ du trail court

Les Vosges, terre de trail

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Alors que la saison de trail bat son plein, le rideau se lève sur les championnats de France de trail qui se dérouleront le week-end des 16 et 17 septembre à Gérardmer. Après Saint-Martin Vésubie en 2016, la candidature de la cité vosgienne a été retenue par la Fédération française d’Athlétisme pour accueillir ce rendez-vous d’envergure, qui s’appuie sur le savoir-faire de l' Athlé Vosges Ec, coordinateur de la compétition sur le terrain.

La section gérômoise, qui organise chaque année le Trail de la Vallée des Lacs au mois de juin, sera plus particulièrement aux manettes. « Notre label « Trail tour national » nous a permis de candidater avec succès auprès de la FFA » commentent Michel Lavest et Lionel Thiriat, respectivement président de la section locale et président du club maître.

LE MASSIF DES VOSGES PLEIN CADRE

Pour ces Championnats de France de Trail 2017, « notre démarche a été de développer l’exigence des parcours, en proposant des tracés techniques à l’image de ceux que l’on peut rencontrer dans les Alpes ou les Pyrénées » commente Marc Fegli, directeur de la course. Ainsi, par rapport au trail de la Vallée des lacs, le trail court (30 km et 1 700 m D+) et le trail long (60 km et 3 500 m D+) emmèneront les athlètes sur de nombreux nouveaux sentiers du côté alsacien : « notre souhait est de promouvoir le massif vosgien dans son ensemble et de ne pas se limiter au Rainkopf et au Hohneck ».

Le trail long notamment se déploiera du côté du lac de l’Altenweiher, au fond de la vallée du Mittlach, jusqu’au sommer du Kastelberg (1 350 m d’altitude). Marc Fegli promet aux traileurs une montée de 900 m de D+ du côté du lac du Schiessrothried jusqu’au sommet du Wormspel. « Cette partie du parcours sera le juge de paix de la course. On est vraiment dans une logique de trail alpin ».

LES CHAMPIONNATS, MODE D’EMPLOI

Qui participe à la compétition ? « Comme chaque année, les championnats de France de trail promettent un beau plateau d’athlètes élites » note Michel Huertas, président de la commission nationale hors stade à la FFA. Des coureurs comme Sylvain Court (trail long / champion de France en titre) ; Nicolas Martin (trail long / vice-champion de France et du monde en 2016) ; Adeline Roche (trail court / championne du monde de trail long 2017) ou encore Lucie Jamsin (trail long / 8ème aux championnats du monde 2017) seront de la partie. Au-delà de l’élite française de la discipline, tout coureur licencié ayant fini une épreuve du tour national en 2016, peut s’aligner sur l’une des courses et être classé.

En parallèle, la manifestation proposera un classement open ouvert à tous. « C’est l’occasion pour chacun de partager une course avec des traileurs de haut niveau sur des parcours uniques » relève Michel Lavest. « La Géromée », course nature de 13 km et 500 m D+ offrira également une belle opportunité de découvrir le trail en montagne tout en profitant de l’ambiance festive des championnats sur les bords du lac de Gérardmer.

UNE CONFERENCE DE PHILIPPE PROPAGE

Pour compléter ce grand week-end, une conférence sur « la planification du trail » est également au programme, samedi 16 septembre de 18h à 20h à l’Hôtel de Ville (salle des Armes). A l’initiative de la Ligue d’Athlétisme régionale du Grand Est, le rendez-vous sera animé par Philippe Propage, entraîneur de l’équipe de France de trail et référent à la FFA. Un coach connu pour son expérience et sa générosité, et dont la passion promet de beaux échanges. Concrètement, son intervention abordera le fonctionnement de la planification annuelle d’un trailer, puis le thème du coaching à distance. Figure incontournable de la discipline, Philippe Propage « drive » de nombreuses étoiles du trail comme Nathalie Mauclair, Sylvain Court ou encore Adeline Roche. « Nous analyserons d’ailleurs la planification annuelle d’un de ces athlètes avant de voir comme le savoir-faire du coach est là pour venir affiner la stratégie lorsque des événements viennent perturber le programme initial. Un entraînement n’est jamais figé sur le papier… » explique Philippe Propage Après quoi , sourit-il, « on finira la conférence quand il n’y aura plus de questions ! ».

Retrouvez ICI cet article de Lison Martinez sur Just Runners.

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